Une vie au galop

"Je ne suis pas féminine à la base" affirme cette délicieuse jeune femme.

"Je préfère évoluer dans un milieu d'hommes, les classes de filles, BOF!"

Voici Mégane, une autre de nos femmes remarquables.

Installée dans sa profession depuis le 1er décembre 2016, notre étudiante suit une formation en alternance à l'école de Mirande (dans le Gers) et la pratique à Monflanquin*, dans l'entreprise de Guillaume Trovato.

"C'est grâce à cet homme que j'ai réussi. Je lui dois tout!" affirme Mégane débutant son nouveau métier de maréchal ferrant.

La valeur n'attend pas le nombre des années. Mégane a 22 ans.

C'est la réalisation d'une passion qui date de 17 ans maintenant.

La jeune personne est précoce, née pour être sur ou sous un cheval!

Elle est poussée par son père, qui lui communique sa passion, épaulée par sa mère qui la rassure et la soutient, encouragée par son compagnon dans ses démarches, tous la portent et la stimulent.

Sa soeur, de 8 ans son aînée dessine le logo sur le véhicule qui l'accompagne dans ses déplacements et abrite la forge nouvellement acquise.

Du rugby à la forge

J'ai arrêté le rugby depuis 1 an, la moindre blessure aurait stoppé ma formation et remis en question la carrière que j'entamais. Il reste les matchs suivis le dimanche à 2.

"Pour nous, pas de dispute pour le programme du week-end!"

Malgré ses résistances: une overdose de cheval qui a failli la mener au secrétariat, après quelques petits boulots, elle revient à sa passion.

"J'aime être en extérieur, je suis hyperactive."

Toute la clientèle est à créer.

Sans faire vraiment d'étude de marché, elle se lance. Il y a une très grosse demande, les vétérinaires sont contents de la voir arriver. Il y a des chevaux partout!

"Je suis la seule femme exerçant ce métier en Lot et Garonne, je vais même jusqu'en Dordogne."

Une histoire de tempéramentC'est un métier qui commence à se féminiser mais beaucoup se décourage.

Il dure peu longtemps (15 ans pour les hommes, 10 pour les femmes), les problèmes de dos apparaissent vite.

Elle récupère la clientèle d'une personne qui arrête au bout de 5 ans seulement d'exercice.

Au cours de sa formation, 8h de forge par jour n'ont pas eu raison de sa détermination, même si avant bras et mains en gardent un souvenir douloureux!

L'été, c'est plus dur, la chaleur rend les pieds des chevaux très secs et difficiles à couper.

"L'été, j'ai les bras de Raphaël Nadal!"

Les fers se changent toutes les 6 à 8 semaines, c'est l'ongle du pied qui pousse*.

En hiver, les sabots sont souvent dans la boue, j'ai moins de travail sur les chevaux, les propriétaires cernent moins bien les besoins de leur bête.

Son logo, présent sur la caminonnette représente une "Betty Boop ferrant" digne des années 50.

Vous ne pouvez pas la rater.

C'est une période dont Mégane est nostalgique: époque de liberté.

"Le rockabilly, c'est une musique qui bouge, qui réunit tout le monde, c'est pour ça que je l'aime."

Elle a fait des claquettes et son film préféré c'est Billy Elliot.

*Quelques infos:  Il existe 2 sortes de chevaux: ceux qui ont le pied noir, ce pied résiste mieux au changement de température, il est plus soide que le pied blanc qui est un pied tendre.

*Un peu d'anatomie: Le genou c'est le poignet, le pied c'est ledoigt et le sabot c'est l'ongle.

Déroulement d'une séance: Recouper le sabot, prendre la photo mentale du pied pour faire la tournur du fer à chaud, porter à chaud (fer chaud contre sabot), dernières modifications sur fer froid avant de le poser.